La Cité 212, Résidence Germain Dorel

2016-2017
Lieu: Le Blanc Mesnil
Architecte et maitre d'oeuvre: Archicrea DP
Maitre d’ouvrage: Société Efidis

L’histoire

La cité 212, construite entre 1933 et 1936, est une réussite architecturale en matière d’habitat collectif. Vraisemblablement inspiré par le Karl Marx Hof construit à Vienne en 1927, cet ensemble est destiné à l’origine aux employés du terrain d’aviation et aux ouvriers des usines environnantes. Puis, la cité est occupée en grande partie par des gardes mobiles jusque dans les années soixante-dix.

Ses bâtiments se succèdent dans l’alignement de leurs arches centrales, tantôt en anse de panier, tantôt en arc brisé, donnant une profondeur à l’ensemble, que renforcent les médianes de la polychromie et la répartition pyramidale des balcons. Les façades sont ornées de bas-reliefs moulés, en béton brut, dans le style Art déco, ainsi que de vives figures en ronde-bosse. La figure féminine domine la statuaire.

La préoccupation hygiéniste des années trente se traduit dans le logement social de cette période par une volonté esthétique de souligner les ouvertures, témoins de la circulation de l’air. Au 212, la verticalité est privilégiée. Les travées de vitres (disposées horizontalement) éclairent et soulignent les cages d’escalier verticales. Le hublot, référence à la construction navale, signale le départ des escaliers. Dans les années qui suivent le premier conflit mondial, le mythe de la modernité est symbolisé par les paquebots de luxe affichant leur splendeur au gré des traversées de l’Atlantique.

Dans cette réalisation, Dorel multiplie les matériaux, les formes et les couleurs. Longtemps délaissée, la cité a été classée en 1996 et soigneusement restaurée. Sa réhabilitation restitue et met en valeur cette variété imposée par son concepteur avec ses carreaux cassés rouges, ses grès cérames roses, l’enduit tyrolien jaune et l’enduit blanc sur soubassement gris. Le caractère éclectique de la décoration conçue par Dorel avait pour ambition de rallier les classes populaires à un modernisme tempéré.

Inventaire des éléments à remplacer

Notre mission

Après avoir connu quelques vicissitudes, cet ensemble a été classé Monument historique dans les années 90. Cette distinction a joué un rôle déterminant pour sa sauvegarde. Grâce à la volonté conjuguée de son propriétaire, le groupe EFIDIS, et de la ville du Blanc-Mesnil, la cité a bénéficié d’une réhabilitation dans l’esprit du projet initial tout en s’adaptant aux exigences de confort et d’espace d’aujourd’hui.

Notre mission s‘est axée sur la reproduction des carreaux cassés rouges en grès cérame. Après avoir reproduit la motif au raccord, un gros travail de colorimétrie a été réalisé.